Gaspard ayant obéi à cette indication, le valet de chambre parut aussitôt.
— Baptistin, Monsieur le chevalier de Roquebrune veut bien faire sa chambre du cabinet d’étude qui communique à la bibliothèque… Il y faut disposer à l’instant toutes choses, de façon que le cabinet soit habitable… La porte de communication ferme assez mal ; il faut qu’avant ce soir elle soit en bon état… Attendez, Baptistin.
Et se tournant vers Gaspard :
— Vous trouverez, chevalier, un registre sur la grande table qui occupe le milieu de la bibliothèque ; ce registre contient, en ordre parfait, la liste de tous les livres que possède Lizerolles… L’heure de chaque repas est signalée à deux reprises par une cloche. Le premier coup est sonné dix minutes avant le second. Du reste, Baptistin, pour ce soir, ira vous prévenir, chez vous… Vous entendez, Baptistin ?
— Les ordres de madame la comtesse seront exécutés, répondit le valet avec quelque solennité. Et il disparut.
— Madame, dit alors simplement Gaspard, je ne puis me permettre de dîner à votre table.
— Il le faut pourtant, monsieur. Votre présence à ma table me paraît devoir assurer un déguisement nécessaire.
— Madame, répondit Gaspard, précisément je ne suis pas encore assez déguisé. Et j’ai vraiment honte d’être arrivé chez vous sous un costume aussi délabré.
— C’est celui, dit en souriant la comtesse, d’un chasseur qui a traversé des fourrés épineux. On ne saurait s’y méprendre.
— Un chasseur sans arme, dit Gaspard, riant aussi ; et un cavalier démonté ! car les gens de robe ont trouvé convenable de confisquer mon cheval.