J’ai deux mille ans, j’ai vu Lutèce et les deux Rome,

Et les hommes mourir, mais vivre et grandir l’Homme,

Car l’Homme a la durée et chacun n’a qu’un jour.

Les générations font, chacune à son tour,

En criant vers le ciel, leur chemin vers l’abîme…

Or, tout mortel, n’ayant que sa minute infime,

Nomme ses moindres maux le comble des malheurs,

Et ne reconnaît pas si les temps sont meilleurs ;

Mais moi qui mesurai les horreurs de la vie

Sur la route au tombeau par vingt siècles suivie,