III
A trompeur, trompeur et demi.
— Tiens, lui dis-je, je te donne ça !…
Je lui offrais le pigeon dépareillé… Il me regarda, songeant : « Hum ! ça n’est pas possible ! Toi, tu me soupçonnes, et tu veux savoir ? Pourquoi me donnerais-tu un pigeon aujourd’hui ? Ça ne t’est jamais arrivé ! »
Il le souleva dans sa gueule, et doucement, tout de suite, le remit à terre.
Il ajouta : « Je ne suis pas une bête ! »
— Enfin, il est à toi !… Puisque je te le dis !… Je pense que tu aimes les pigeons ?… Eh bien ! en voilà un ! Du reste, j’en avais deux : il m’en fallait deux !… Je ne sais que faire d’un seul… je te répète qu’il est à toi, celui-ci… »
Je le flattai de la main, en songeant :
« Canaille ! voleur ! tu m’as trahi comme si tu n’étais qu’un homme ! Tu es un chien perfide ! Tu as menti à toute une existence de loyauté, gredin ! »
A haute voix, j’ajoutai : — « Oh ! le bon chien ! le brave chien ! l’honnête chien ! Oh ! qu’il est beau ! »