—Tu l'auras, ton Ibis Bleu! Je te le promets, là! dit le père.
Georges dormit content et vit en songe beaucoup d'Ibis Bleus qui naviguaient sur la terre ferme.
Le surlendemain Elise était seule dans la grande villa.
Pierre était seul à son bord.
Tous deux rêvaient, chacun de son côté.
Elle voyait parfois, de sa fenêtre, le yacht passer, non loin, comme elle l'avait vu le jour de son arrivée.
Un matin qu'elle était sur la terrasse qui couronnait la maison, on tira du bord un coup de canon. Le pavillon, en même temps, fut hissé. Elle pensa que c'était pour elle, et salua du mouchoir, comme dans les images...
Ni elle, ni lui, ni Marcant, n'avaient d'arrière-pensée.
Lui, après ces deux jours passés près de ce qu'il appelait une vraie femme, était retombé dans le vide.
Il s'était décidé à lire les deux ou trois lettres, non ouvertes d'abord, que venait de lui écrire son infidèle maîtresse. Cette lecture l'avait rejeté dans tous les tourments. Ces lettres n'étaient pas différentes de celles qui dormaient au fond de la mer. Il lui semblait que la boîte de fer, mal immergée, était remontée tout à coup, ou qu'il l'eût—comme le pêcheur des contes de fée,—ramenée à terre dans un coup de filet. Elle s'ouvrait, et le spectre, qui en sortait, dans une bouffée de fumée magique, c'était Elle, l'abandonnée, la charmeresse, qui lui criait: «Recommençons!» et l'attirait avec ses bras blancs et nus, forts souverainement de sa faiblesse à lui.