DEUXIÈME PARTIE

I

Marcant était parti depuis deux jours. Elise était seule, à la Terrasse, avec Georges. Marion était à sa besogne dont elle s'acquittait consciencieusement, aidée le matin, de huit heures à onze, par une femme de service plus adroite qu'elle aux menus travaux, soin des chambres, rangement des meubles, couture, etc.

Georges, dès le lever, courait au bord de la mer, cherchant des coquilles dans le sable, de menus coraux, sautant sur les basses roches, attentif à un crabe surpris, à un poisson bizarre en fuite sous une pierre.

De sa fenêtre, elle le surveillait, le rappelait, le conseillait:

—Georges, tu vas te mouiller, tu vas tomber!... Georges, prends garde!... ils sont pointus, ces rochers... Reviens vite!

Il relevait le nez, la regardait avec son beau visage riant de bonheur.

—Non, maman!... Oui, maman!...

La vague d'hiver, à travers les petites roches, creusées de mille cavernes mignonnes qui étaient pour l'enfant un monde, arrivait jusqu'à la porte du jardin, à trente pas à peine de la villa.

Et l'enfant se croyait un aventurier de la mer, un pirate ou un Robinson, et plusieurs fois dans le jour criait à sa mère: