«Dis à M. Dauphin de prévenir son père que la section A n'a pas un dossier complet. Il y manque... etc., etc...»

Suivaient des conseils, des observations, des dissertations qu'elle transmettait,—sans les lire,—à Pierre qui les envoyait à son père.

Marcant voulait faire plaisir à Dauphin, en échange des envois de fleurs, des politesses dont Pierre avait comblé sa femme. Et à l'occasion,—se disait Marcant,—ce bon M. Dauphin pourrait prêter à Elise, là-bas, secours et protection.

Pierre écrivit à Marcant, le remercia de la part de son père, lui donna des nouvelles d'Elise et de Georges. Marcant en fut heureux: il se disait qu'Elise, dans ses lettres, pouvait affectueusement le tromper sur sa santé, afin de le tenir rassuré.

Marcant, à son tour, remercia Pierre.

Une contestation légère s'étant élevée entre l'agence de location et Marcant, Pierre, informé par Elise, s'offrit à régler l'affaire, ce qu'il fit. Il leur rendit plusieurs autres petits services, dont elle se montra touchée au possible. Elle avait cru d'abord que ce bel insouciant était incapable de prêter quelque attention à une affaire ennuyeuse, aux affaires d'autrui, surtout. Sans effort, il lui prouva le contraire. Il se sentait payé mille fois et au delà, de toutes les peines qu'il eût voulu prendre pour elle, par le charme d'oubli, de désir léger, que sa présence seule lui versait.

Il était sérieusement attentif à la santé d'Elise, et l'interrogeait sur elle-même avec sollicitude chaque jour.

D'abord, il avait imaginé des prétextes pour venir chez elle tous les jours.

Tantôt, il passait par là, et il avait entendu le piano... Comment résister?... et il s'excusait.

Tantôt la nouvelle du jour, dans les gazettes, était si piquante qu'il avait voulu l'apporter bien vite, et en causer...