Elle était vaincue.

Georges lui tendit l'ombrelle, les gants. Pierre lui présenta son chapeau.

—Nous serons là-bas dans une heure... Dans deux heures et demie, par le train, vous pouvez être de retour!...

Elle installa Georges à sa petite table de travail, l'embrassa, comme à l'ordinaire quand il lui arrivait de sortir sans lui pour une courte promenade. Elle fit quelques menues recommandations à Marion, répéta qu'elle serait de retour avant deux heures, et partit.

Dix minutes plus tard, elle mettait le pied à bord de l'Ibis Bleu, et le petit Georges, ayant soulevé le rideau de sa fenêtre, la regardait, tout fier d'avoir si courageusement laissé sa chère maman partir ainsi sans lui!...—Mais c'était pour si peu de temps! il serait si content, tout à l'heure, à son retour! Et puis, de la ville de là-bas, elle lui rapporterait, pour sûr, quelque jolie surprise!

XVIII

A bord, tout de suite, elle fut distraite par les incidents de l'appareillage, par les mille détails du spectacle toujours nouveau qui les entourait.

Ce tête-à-tête pourtant la troublait.

Quand il lui proposa de descendre au salon un moment, pour les rafraîchissements—car, à cette heure du jour, le pont brûlait et le rouf était inhabitable,—elle n'osa refuser.

«Ce refus, pensait-elle, aurait laissé deviner son trouble.»