—Partie?
—Oui, Germaine. Et il faut dire à l'enfant qu'elle est en voyage, qu'elle reviendra... Il faut le consoler, n'importe comment.
—Elle ne reviendra donc pas?
Il la regarda attentivement:
—Non, Germaine.
Il appuya sur le mot. La vieille servante comprit, mais ne put en croire ses oreilles.
—Je suis sûre que madame reviendra. Je ne sais pas ce qu'il y a eu, mais elle reviendra, il le faut. Vous ne voudrez pas tuer le petit. Je le connais, moi. Il ne vivra pas sans sa mère, ni elle sans lui.
Et la vie nouvelle avait commencé, morne, lourde, accablante.
Il était en congé! C'était ça, ce congé qu'il s'était promis de passer si heureusement avec elle, en Italie, comme deux nouveaux amoureux. Parmi les bagages qu'il avait amenés de Paris, il y avait une caisse entière pleine de cadeaux pour Elise! Il ne l'ouvrit pas. Il la fit monter dans une soupente... Et puis il fallut écrire à l'oncle. Il lui mentit, ne voulant pas écrire ces choses, se réservant de les conter de vive voix.
Il se demanda s'il ne ferait pas bien de quitter Saint-Raphaël, de voyager avec Georges, mais il se sentait pris d'une effroyable torpeur morale: il n'avait plus envie de rien. Rien ne l'intéressait plus. Il sentait sa vie finie, bien finie.