Visiblement, il la narguait, la vague. Il finit par lui chanter.
Tu ne m'attraperas pas!
Tu ne m'attraperas pas!
La mer était bonne, ce jour-là. Elle jouait avec l'enfant, lui léchait parfois un peu le bout de ses petites bottines, le taquinait, le faisait rire.
Il cueillit des chardons bleus, dans le sable, pria son père d'en ôter les piquants, et comme son père lui dit que les chardons étaient la nourriture des petits ânes, il se mit gentiment à faire des hi-han, qui se confondaient avec son joli rire perlé.
Marcant n'osait lui dire: «Qu'as-tu donc à être si content?» Il avait peur de tout gâter, de faire envoler cette joie rare, si nouvelle,—mais l'enfant, au pont de l'Argens, qu'il fallait passer avec précaution,—les poutres étant encore toutes disloquées par la mer,—revint de lui-même prendre sa main et lui dit, sans provocation, d'un air entendu, très grave:
—Tu comprends, je suis bien content parce que j'ai deviné quelque chose...
—Et quoi?...
—Eh bien, je ne sais pas si tu penses comme moi, mais je suis sûr que la dame d'aujourd'hui devait venir de la part de maman!
Marcant demeura stupéfait... Son cœur se serra.
Ainsi son espérance était fausse! L'enfant ne se reprenait pas à vivre en dehors d'elle—plus que jamais en elle au contraire.