Ils cheminaient vers la ferme où, à ce moment, la jolie Toinette, courbée vers le fourneau bas, veillait et virait sa soupe, pour les deux hommes qui allaient rentrer. La mère était allée à Fréjus pour quelque emplette urgente.

Cauvin, au milieu de la plaine, achevait d'abattre, avec l'aide de plusieurs bûcherons, le grand chêne dont le vieil ombrage et les racines portaient tort à une plantation de vigne nouvelle.

Toinette était seule à la maison.

Tout à coup, se retournant, elle fit un petit cri. François Tarin, son fiancé, la regardait faire du dehors, par la fenêtre étroite.

—Tiens, «tu es toi», François? dit-elle émue.

—Eh bien, oui, c'est moi, dit-il lentement.

Elle continua de vaquer à ses affaires à travers la salle. Il se fit un silence. Et François reprit:

—Je viens de la chasse.

—Et tu rapportes quelque chose?

—Rien qu'un perdreau, dit-il. Les perdreaux marchent avec des ailes; ils m'ont fatigué.