—Emmène-moi! s'écria Georges.
Il la suivit, en lui tenant la main.
Cette question de l'écureuil domina tout, en sorte que tout le monde fut mis à l'aise: misé Saulnier qui, à peine arrivée, commença de servir la soupe à son mari, Saulnier qui tout de suite s'était attablé, et Cauvin, qui arriva le dernier.
—Bonsoir à tous, dit-il dès le seuil.
Il n'eut pas l'air d'attacher d'importance à la présence de Marcant.
Il était tout échauffé et tout préoccupé de son travail. Il expliqua qu'il venait d'abattre le chêne. Là-dessus, il s'anima.
—C'est des arbres de riches, ça, monsieur! Ça vous mange la terre, figurez-vous! mille litres de vin, voilà ce que nous boit un fainéant comme ça, lorsqu'on le laisse faire! Aussi, moi, quand j'en tiens un, je vous jure, mes amis! que je ne m'endors pas dans les branches, là-haut! je ne m'ennuie pas, non! je cogne avec bonheur dessus.—Ah! canaille, c'est toi le mangeur de sève, de vigne et de soleil? attends un peu! et à chaque coup qui fait trembler le bois, le cœur me saute de plaisir, mon homme!...
Cauvin prit sa place à table, près de Saulnier.
—Allons, j'ai faim! à la soupe!
Il était superbe, l'homme, manches retroussées, le cou solide, le front emperlé de sueur. A le comparer à Saulnier, Marcant se prenait à excuser Marion; et il s'étonnait de son indulgence. Il subissait une sympathie qui, très fortement, l'attirait vers ce Cauvin. Il le regardait avec plaisir dans l'aisance de ses mouvements, debout dans sa force active ou assis au repos.