—Si vous vous rappelez les choses qu'il a fallu que je vous dise un jour, mon brave monsieur Marcant, lors vous comprendrez sans peine que, pour la petite, il faut que je parte. Pour elle, je dois tout faire, et je ferai tout, et sans peine!... sans regret, comme vous dites!
Et, généralisant aussitôt à la manière des simples, qui ont la tradition orale de la sagesse:
—On ne saurait jamais trop faire pour ses enfants!...
Marcant sentait, dans cet homme, une grandeur.
—Voulez-vous me donner la main? demanda-t-il.
—Oh! ça, volontiers! dit l'homme. Ça me fait plaisir, croyez-le, et même un gros, un gros plaisir.
Pour serrer la main de Marcant, il posa à terre son carnier qu'il tenait par la courroie, tandis que, de sa main gauche, il serrait sur sa poitrine le bout noué du sac qui se bombait sur son dos.
Ayant pressé la main de Marcant, il reprit par la courroie son carnier, le jeta sur son épaule:
—Dieu vous conserve, dit-il, vous et votre enfant... Vous êtes un bien honnête homme.
Et, piquant droit à travers champs, il marcha vers Fréjus, sans plus jeter un regard en arrière.