—C'est vrai, dit-il, il était tien; il n'était plus mien... je te l'ai donné bien volontiers.
Elle souriait, heureuse.
Alors, la voyant contente de lui, il se jeta à son cou, il mit la bouche contre son oreille et d'une voix, soupirée par tendresse, mais avec le sentiment confus qu'il fallait parler bas à cause d'un secret qu'il y avait quelque part:
—Puisque papa ne l'aimait pas, mon bateau, écoute... tu as bien fait!
Marcant entendait beaucoup de ces choses. Plus d'une fois il surprit cette phrase: «Ton père t'aime bien plus que je ne t'aime!» Et elle énumérait des preuves; elle montrait à son Georges toutes les tendresses du père; elle lui parlait de la peine qu'il se donnait pour le nourrir, pour le faire beau et bon, pour le faire instruire.
—Oh! mais je sais bien! je sais bien, maman!... Quand tu n'y étais pas, je ne peux pas dire comme il m'a gâté! Il m'habillait, il me mettait au lit; il me mettait mes bas!... Il était ma maman à ta place, voilà!
Elle songeait avec bonheur qu'elle morte, le père saurait la remplacer.
—Seulement... dit Georges.
—Seulement? interrogea-t-elle, troublée.
—C'est drôle, il ne me parlait pas de toi,—jamais!