Sa voix redevint forte et se fit sévère:

—Eh bien! écoute, coquin! Tu vas rallier chez tes patrons. C’est moi, Maurin, qui t’en donne l’ordre. Et dans ton affaire, c’est moi, Maurin, qui y regarderai à partir d’à présent; je m’en charge... Et si tu files de Saint-Tropez, c’est moi, Maurin, qui t’irai chercher par les oreilles.

—J’irai où je voudrai, gronda Césariot. Lâchez-moi, à la fin! Il n’y a pas de Maurin qui tienne! Les hommes sont libres... Je veux aller chez mes patrons si je veux et n’y pas aller si je ne veux pas.

—Vé! fit Maurin d’une voix satisfaite; il a du sang, le drôle!

Puis, de sa voix de commandement et de colère:

—Tu vas me promettre d’obéir, bougre de gamin! Tu n’es qu’un gamin et qu’un polisson, en train de préparer une action de bêtise et de mauvaiseté: et je t’empêcherai, sûr comme je m’appelle Maurin!

—Vous m’empêcherez! vous! et de quel droit? hurla Césariot.

—Du droit de ceci, répliqua Maurin.

Il avait saisi le «pitoua» par la cravate et il le secouait en le poussant devant lui. Le jeune homme, qui reculait d’un pas à chaque saccade, vint s’adosser au tronc énorme du pin centenaire.

Hercule, voyant qu’il y avait bataille, voulut en être et sauta aux jambes de Césariot.