—Pourquoi ça? Pourquoi ça, maître Maurin?
Et entre deux maîtresses gifles, le don Juan des Maures lui répondit, d’une voix de tonnerre:
—Parce que je suis ton «péro»!
Cette révélation ne produisit pas dans l’esprit de son fils l’effet qu’en attendait Maurin; Césariot n’éprouva aucune joie. Bien au contraire!
—Ce n’est pas vrai! ce n’est pas vrai! hurlait-il, ne voulant point se résoudre à n’être pas le fils d’un ministre pour le moins, ou d’un amiral!
Et de rage et de désespoir à l’idée que Maurin pouvait dire vrai, il se mit à sangloter.
—Et maintenant que tu es mon fils, dit Maurin placide, et sans lui lâcher le bras,—marche, drôle! que je te mène où tu dois aller.
Le drôle obéit.
Le paternel Maurin ramenait Césariot à Saint-Tropez, chez ses patrons, à qui il comptait le recommander fortement.
Césariot, tout d’abord, ne desserra pas les dents. Il se soumettait à la force en rechignant. Il espérait que ce diable de Maurin finirait bien par le lâcher. Et dès qu’il aurait retrouvé sa liberté, il irait où bon lui semblait. Comment Maurin savait-il ses secrets? Cela lui paraissait surnaturel et ne laissait pas de lui inspirer du respect.