—Sandri! c’est toi qui les as levés, ceux-là. Comme gendarme, je me f...iche un peu de toi, mais comme rabatteur je t’estime.
Une envie vague de braquer son revolver sur Maurin prit au cœur le Corse vindicatif. Mais son compagnon lui toucha le bras:
—Notre homme est pincé, Sandri. Voici le bateau du comte qui lui coupe la retraite.
En effet, le yacht à vapeur, svelte, coquet, blanc et or, avec ses deux petits joujoux de canons qui reluisaient au soleil, se mettait en travers de l’embarcation du chasseur. Maurin, l’œil sur les gendarmes dont la vue le réjouissait au delà de toute idée, n’avait pas aperçu le yacht auquel il tournait le dos. Le bruit léger des vaguelettes sur la grève couvrait le bruit de la marche du petit navire, l’Ondine.
—Oh! du canot!
Maurin sursauta. On entendit le rire des deux gendarmes qui domina le clapotis de la mer.
—Ils m’ont pris! se dit Maurin tout haut, en examinant le yacht.
Le comte en personne, souriant, était accoudé au couronnement de son joli navire. Maurin, debout, tenait ses avirons immobiles.
—Eh bé, que me voulez-vous? cria-t-il.
Il se rapprocha du yacht. Les gendarmes n’entendirent plus les paroles qui s’échangeaient.