—Cet homme ne comprend rien! dit le préfet en frappant du pied.

—Il ne comprend pas grand’chose, dit Théodule; il faut l’excuser, monsieur le préfet... c’est mon oncle, le frère de mon père... c’est un homme du temps des omnibus... Ah! cela ne nous rajeunit pas.

—Monsieur le préfet, dit Pierre avec fermeté, les journaux d’Auriol publieront ce soir même une lettre de moi où je raconterai l’histoire de mes deux canards.

Le préfet devint vert.

—Et moi qui le prenais pour un imbécile! songea-t-il, c’est un malin!

«Monsieur, dit-il tout haut en tremblant, vous n’êtes pas un ennemi de la République, j’espère? Voulez-vous donc la faire tomber sous le grotesque?...

—Je veux une république honnête, dit le professeur d’un air stupide.

Le préfet réfléchit un moment en silence, puis sa physionomie s’éclaira d’un sourire d’intelligence suprême et de haute bienveillance.

—Je vous comprends enfin, monsieur, dit-il; aux quatre mille francs du prix, nous joindrons les palmes académiques.

Théodule se mit à rire. Son oncle, irrité, haussa les épaules. Théodule, se ressaisissant, prononça d’un air dédaigneux: