«A l’évangile, M. le curé, vêtu de ses plus beaux ornements, se tourna vers nous et dit:
—«Mes très chers frères,
«Tous les ans, à pareille époque, nous fêtons notre grand saint. Seulement, les autres années, cette fête, célèbre dans toute notre contrée, attire ici tout un peuple de fidèles, jaloux d’honorer notre saint selon ses mérites. Or, aujourd’hui, vous êtes venus en bien petit nombre.»
«Je le crois bien, s’interrompit M. Cabissol, j’étais seul; les autres assistants appartenaient au domaine de Sant-Estròpi. Nous, les étrangers du dehors, nous étions un: moi! Et le curé poursuivit:
«—Et pourquoi êtes-vous venus en si petit nombre pour honorer un si grand saint?
«Hélas! je le dis avec douleur, c’est parce qu’il a plu ce matin!
«Eh bien! mes très chers frères, est-ce qu’il n’est pas bien facile, lorsqu’il pleut,—de prendre un parapluie?»
«Le bon curé joignit ses mains sur son ventre et éleva ses regards vers la voûte lézardée de la chapelle, c’est-à-dire vers le ciel:
«—O grand sant Estròpi! s’écria-t-il, sans doute tu leur pardonnes la tiédeur de leur dévotion à ta gloire, mais moi, grand saint, j’ai le devoir de leur dire qu’ils n’auraient pas dû reculer devant le petit désagrément d’être un peu mouillés, à l’heure où il s’agissait de venir aux pieds des autels te rendre l’hommage qui t’est dû!»
«Les regards du bon curé s’abaissèrent et parcoururent son auditoire composé de sept personnes; et il continua: