Le lieu du rendez-vous était la terrasse d’une petite hôtellerie qui se trouve là, au fond de la rade d’Agay.
L’hôtelier préparait du café pour tout le monde tandis que, sur la terrasse, un élégant invité, M. Labarterie, la tête coiffée de la casquette ronde, en velours, sonnait du cor à perdre haleine, devant la mer d’un noir violet, frissonnante sous les souffles froids de l’automne et du matin. Sa femme, en costume de chasse, était une inquiétante Parisienne, aussi jolie qu’élégante.
Au fond du golfe, la petite rivière d’Agay se fait suivre jusque sur la plage par ses touffes de roseaux et de lauriers-roses.
On partit, tout le monde à pied cette fois. On remonta le long de cette rivière, entre les collines.
On s’élevait lentement sur les sommets de la Baume, hérissés d’aiguilles rougeâtres.
Maurin, en bon prince, faisait de grandes amabilités aux frères Pons, qui auraient pu trouver mauvais qu’il jouât au seigneur sur leur territoire.
Tout le monde était attentif à ses moindres paroles. Il vantait les frères Pons, ses rivaux.
—Ils n’ont pas leurs pareils dans les Amériques, disait-il, ni chez les Arabes, aussi bien pour la connaissance pratique de la chasse et pour leur dureté à la fatigue, que pour la fantaisie. Voulez-vous voir? Attention, Pons!
Il arma son fusil.
—Que personne ne bouge!