Il prit son arme par l’extrémité du canon, il la fit tournoyer à bout de bras et la lança très haut; elle vira deux fois, en l’air, sur elle-même. Pons l’aîné, le bras droit en avant, attendait qu’elle retombât...

A ce moment, Pastouré lança en l’air une pierre qui monta, tandis que le fusil descendait.

L’arme retomba horizontale sur le bras de Pons qui tira: on ramassa la pierre, elle était criblée de plombs.

—A moi maintenant! dit Maurin.

Et il exécuta le même tour de prodigieuse adresse. Seulement, pendant que le fusil virait en l’air, il lui fit un pied de nez:

—Voilà, dit-il, comme nous sommes, nous autres, chasseurs de casquettes... Allons, messieurs, aux sangliers maintenant!

Les invités, stupéfaits, se demandaient à quels diables d’hommes ils avaient affaire.

—Quelle imprudence! fit la Parisienne avec une jolie moue.

—En route! cria Maurin.

C’était sur les hauteurs que les sangliers étaient logés. Maurin et les Pons les avaient «tracés» la veille, c’est-à-dire qu’ils avaient relevé les traces à vue, sans le secours d’aucun limier. Ils étaient sûrs maintenant que les fauves occupaient tel point précis de la montagne.