Il semble, désormais, que F. Mainard n’ait plus d’ambition que littéraire. Il songe à une édition définitive de ses œuvres, à travers les soucis qui l’accablent, les procès, les deuils, la maladie de sa femme. Il précède dans leurs protestations nos célibataires d’Aurillac[39] qui se sont syndiqués contre les propositions de frapper les vieux garçons d’un impôt : « Le célibat n’est pas moins nécessaire aux poètes qu’aux prêtres et les Muses ne doivent pas s’embarrasser des soins d’une famille. »

[39] Aux célibataires de France. L’union des célibataires cantaliens, qui protestait dernièrement contre le projet d’impôt sur les célibataires, reçoit, paraît-il, de partout des encouragements et des adhésions. Voici l’ordre du jour qui a été voté à la réunion tenue à Aurillac :

L’union des célibataires cantaliens, réunie dans la salle de la mairie d’Aurillac, encouragée par les nombreuses adhésions qui lui parviennent du pays tout entier, et en présence du projet gouvernemental tendant à frapper le célibat d’un impôt de 20 %, adresse un appel pressant à tous les célibataires de France pour qu’ils forment des syndicats qui, rattachés à une fédération des célibataires français, constitueront un puissant et efficace moyen de défense contre l’établissement d’un impôt antirépublicain, parce qu’attentatoire à la liberté individuelle.

D’autre part, l’union cantalienne a organisé en septembre un grand banquet auquel ont assisté des délégations de Thiers, Châlons, Amiens, etc. (1913).

Aussi, le pays est troublé. A la suite du Complot des Princes (1641), le château de Saint-Céré est occupé par les troupes royales, tout le Haut-Quercy saccagé pour châtier le duc de Bouillon. Enfin, la paix se fit et le calme revint dans la contrée, et les divertissements reprirent chez les grands seigneurs où fréquentait toujours le poète, François de Crussol, duc d’Uzès, marquis de Bournazel, surtout à Castelnau où le muscat réputé de Languedoc arrosait les saumons de la Dordogne, les cerfs et les sangliers des chasses du comte de Clermont. F. Mainard fait encore entendre ses chansons, mais tournoiements de tête, rhumatisme, troubles gastriques le condamnent à se soigner. Il s’est vu au bord du tombeau, à la veille « du grand départ ». Il n’avait point cessé de croire, malgré les apparences. Avec la détresse de l’âge, les infirmités, les désillusions, toutes les épreuves, la foi reparaît, illumine ses jours sombres :

Mon âme, il faut partir. Ma vigueur est passée,

Mon dernier jour est dessous l’horizon,

Tu crains ta liberté. Quoy ? n’es-tu pas lassée

D’avoir souffert soixante ans de prison ?

Tes désordres sont grands, tes vertus sont petites,