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Balzac ne pouvait accepter que la dame résistât à de tels accents. Il considérait l’hyménée comme conclu : « Je vous souhaite à l’un et à l’autre, écrivait-il à Cloris, une longue et parfaite félicité à la charge que cette belle vie sera toujours fertile en beaux vers, et que le prophète ne s’assoupira pas de telle sorte entre les bras de la nymphe qu’il y oublie à prophétiser. Il faut qu’il rende des oracles à l’accoutumée, et qu’il chante ses contentements comme il a chanté ses espérances. Mais il faut pour cela que vous disiez oui. Il ne tiendra donc qu’à votre consentement que nous n’ayons bientôt votre épithalame et je vous demande au nom de toute la France un poème qui ne se peut faire sans vous. »
Malgré les vers de F. Mainard, malgré la prose de Balzac, il n’y eut pas consentement. Depuis longtemps, pour notre perpétuel exilé, il n’y avait plus de contentements ! Quant à ses espérances indéfectibles, elles prenaient leur dernier vol, qui fut court. A son retour de Charente, il trouvait à Saint-Céré un brevet de Conseiller d’État, que ses amis lui avaient obtenu du Chancelier Séguier. Ce n’était qu’un titre, qui ne rapportait rien, mais qui conférait la noblesse, dont le poète fut investi, en août 1644. F. Mainard ne doutait pas que son heure fût enfin échue ; il hâta son départ pour Paris, où il n’était pas retourné depuis douze ans :
Quand dois-je quitter les rochers
Du petit Désert qui me cache
Pour aller revoir les clochers
De Saint-Pol et de Saint-Eustache !
Paris est sans comparaison,
Il n’est plaisir dont il n’abonde ;