Sur ce Christ qu’ont baisé tous les morts de chez nous.

En fait, ce n’est que par le ton que Mon Auvergne diffère d’En plein Vent, dont elle répète le plus souvent le thème limité au décor familier, aux scènes du foyer, aux courses dans la montagne, aux pittoresques émigrants.

Mais aux sonnets rigides, parfois d’un réalisme quelque peu pictural, a succédé une poésie, plus affective et repliée, où le sentiment l’emporte sur l’impression, alors que la forme elle-même s’assouplit et se nuance davantage.

LE GRILLON

J’ai pour hôte un grillon à peau parcheminée

Et flétrie, à la voix fêlée, — un grillon vieux,

Qui, tout l’hiver, durant les longs soirs pluvieux,

Tient en éveil l’écho de notre cheminée.

Ce vieillard, qui, peut-être, a connu nos aïeux,

Est d’humeur casanière, et vit en cénobite,