Emporte… Un seul désir purifia mes heures,
Que je ne veux pas rendre et ne puis te devoir,
J’en ai voué l’image à tout ce qui demeure,
Et qui n’est pas venu des souffles de ton soir…
Du poète de la Montée, je ne voulais que citer quelques strophes, pour prêter leur musique à ce décor sublime, vers le plateau de la Chaise-Dieu. Or, il se trouve que l’œuvre d’Olivier de La Fayette, d’une telle inspiration, n’est pas de celles où l’on découpe le refrain léger qui se suffit et suffit souvent pour caractériser la manière, les tendances, le talent d’un artiste. Ici, à travers le monument inachevé, une voix s’impose, irrésistible. On a prononcé les noms de Maurice de Guérin, de Sully-Prud’homme, d’Alfred de Vigny, de Pascal. On pourrait en prononcer d’autres. Toutes les possibilités étaient dans ce jeune homme, marqué de génie, il faudrait toute une étude pour analyser le développement ardent de sa pensée jusqu’aux souveraines altitudes. Il faudrait des pages et des pages pour le situer parmi la génération, dont il se rapprochait par quelque symbolisme, mais dont il s’éloignait et qu’il domine par sa clarté toute méridionale. Il est du Velay des bons troubadours. Il a fréquenté les félibres de Toulouse. Il était ennemi des techniques étroites. Son vers est abondant, lyrique et solide, harmonieux, précis, direct. La Montée ! Jusqu’où ce vertigineux enfant n’aurait-il pas escaladé. Il se cherchait encore :
O mon âme ! Étrangère en ta propre demeure
Tu parcours tout mon être, étonnée et craintive,
D’avoir en vain cherché la raison de ton leurre…
Ta nostalgie inconsolable de captive
Se mêle au temps muet qui coule, heure par heure,