C’est l’ambition, invoquant la sagesse de Sénèque, qu’on ne s’attendait pas à trouver dans cette affaire, qui décide le Curé à lever la main :
Le péché est ce qu’il paraît — au pécheur qui le commet ; — car, selon le sage Sénèque, comme l’on croit pécher l’on pèche.
Il n’en faut pas plus pour que le Curé s’exécute :
Eh bien ! donc, je m’en vais jurer, quitte après pour m’en confesser !
Et Satan félicite le déchu, sur un ton gouailleur :
Regarde, mon ami, que tu as fait une bonne affaire, — Au moins, quand tu mourras, tu sauras où aller coucher — Et où aller passer toute l’éternité…
Puis, en bon diable, il indique à son nouveau sujet que, pour être bien placé, il lui suffit de parler à Pluton et à Proserpine, sa femme, qui dirige les enfers et lui fait la cuisine. En tout cas, le Curé peut être assuré qu’il n’a pas à craindre le froid…
A Frédéric Dupuy de Grandval, on n’attribue rien moins que des chefs-d’œuvre, dont les manuscrits remplissaient une bibliothèque entière ! Il ne se retrouve que quelques lambeaux, et mal authentiques, dont l’un pourtant, ne semble pas devoir être apocryphe, tant le portrait de l’auteur offre une complète ressemblance avec l’image de celui dont la vie et les écrits scandalisèrent Aurillac. Il aurait été en rapport avec Béranger, à qui il soumettait parfois ses travaux, et qui le conseillait. Mais le chantre de Lisette ne le corrigea pas de boire. Ce sont les Mauvais Garçons de Villon qu’il rappelle :
Le vin nouveau à la tête me monte ; — pour me guérir, demain, je ferai le lundi, — de bon matin, la goutte me remonte, — mais tout le jour, je reste fidèle au (vin) bleu. — Quand la nuit vient, pour passer la veillée, — près d’un bon feu, je m’assieds sur un banc. — Et tout en fumant et mangeant la grillée (de châtaignes) — à tout hasard, je bois un litre de blanc.
Puis au café, je vais prendre une demi-tasse ; — cela me ferait mal sans trois sous d’eau-de-vie. — Je trouve un ami, nous faisons la petite partie, — et deux cruchons (de bière) y passent rondement. — Ils sont nettoyés, il faut quitter la place.
Je vais prendre l’air, je hasarde une chanson ; — j’en ai bien assez fait, la patrouille me ramasse — sans que je résiste et me met en prison. »