Des copelots de grondo marco

L’on porlado, è maï d’un mounarco,

Que cresio pas parla potaï

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Un potaï oquo ! me fou reire.

Nous qui sommes le haut-Midi, Cantal, Aveyron — et Lozère, — nous parlons aussi la langue fière — des antiques cours d’amour.

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La langue d’Oc, la langue mère.

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Sans en rougir jamais, — des prêtres de grande marque — l’ont parlée, et plus d’un monarque, — qui ne croyait pas parler patois.

Un patois, cela ! il me faut rire.

Évidemment, le rude poète de Vielles n’avait guère lu les amoureux troubadours dont il se réclamait ! Car son génie est ailleurs, dans le parler populaire, ignoré et dédaigné, comme le pays et le paysan, des habiles et chevaleresques faiseurs de cansos et de sirventes, dont le bouvier et le pâtre cantaliens n’auraient guère compris les récitations savantes ; dans le patois erratique, oral, qui ne s’était jusqu’à présent aggloméré qu’en quelques refrains anonymes, soutenus par la cobretto — dont auraient rougi les plus pauvres jongleurs, avec leurs instruments, plus affinés, « tout un orchestre d’instruments à corde, à vent et à percussion, violes, harpes, lyres, chalumeau, trompettes, tambourins, sistres et castagnettes ».

C’est dans ce patois inédit, en somme, jusqu’à la Grammaire téméraire et naïve d’Auguste Bancharel, qu’Arsène Vermenouze a chanté, plus qu’il n’a écrit ; en quel état il l’a rencontré, le patois, — sa langue ! — Arsène Vermenouze le rappelle dans une de ses pièces les mieux inspirées :

A LA MARIANNE D’AUVERGNE

De même qu’un « ferrat »[12] au cuivre usé s’altère