CHAPITRE XI
François Mainard. — A la cour et aux champs. — Le courtisan sous les rochers de la province. — Les roses du Parnasse et les épines de la chicane. — A l’ambassade de Rome. — Les ambitions déçues. — Les amitiés de Toulouse. — Renoncement et renouveau. — La belle vieille. — Conseiller d’État et Académicien. — L’édition de 1646. — Adieu Paris. — Donec optata…
Arsène Vermenouze ne fut pas le premier à habiter dans cette étroite et montante rue d’Aurinques où, presque en face de son magasin de liqueurs, trois cents ans plus tôt, François Mainard pestait contre l’ingratitude du siècle, derrière le portail sculpté au-dessus duquel il avait fait graver l’inscription toujours lisible :
Donec optata veniat[38]
[38] En attendant la mort, qui sera bienvenue.
Le sage qui ne voulait pas que les passants fussent seuls à méditer sur sa détresse, — s’ils savaient le latin — avait répété, plus explicitement, dans son cabinet de travail :
Las d’espérer et de me plaindre
Des Muses, des grands et du sort,
C’est ici que j’attends la mort,
Sans la désirer ni la craindre…