Place d’Aureinques à Aurillac.—Sur le foiral.

Sous la tiare pontificale, il adresse à l’Église universelle, maîtresse du sceptre des rois, l’appel douloureux de l’Église de Jérusalem opprimée par les mahométans: c’était, par le moine cantalien, l’exorde des croisades, que devait prêcher peu à près Urbain II à Clermont.

En même temps que l’admiration, une secrète terreur hantait toujours les contemporains de Gerbert à l’endroit de ses découvertes, fort convaincus qu’il rapportait d’un pacte avec l’enfer les nouveautés qu’il tenait simplement de ses voyages, de son observation, de son génie: il n’aurait conquis que par des maléfices la faveur des archevêques et des empereurs; il ne serait devenu pape qu’en vendant son âme.

Il avait cru tromper Satan: il était convenu qu’il ne mourrait pas sans avoir dit la messe à Jérusalem. Et Sylvestre II officiait fort tranquillement à Rome,—se moquant du diable,—lorsque le mal le prit, dans une église... qui s’appelait: Jérusalem!

C’était l’irréparable; en vain, il implora Dieu, qui ne répondit plus à son appel.

Il fut enterré sous le portail de Saint-Jean-de-Latran...

La dalle qui recouvrait sa dépouille, quoique dans un lieu très sec, se trempait d’humidité lorsqu’un pape était près de mourir...

Informé que le marbre sinistre commençait de suinter, un souverain pontife malade ordonna de le briser: dans le cercueil, Gerbert gisait intact, après des siècles, comme s’il venait d’être enseveli; mais, à peine à l’air, tout se dispersa en cendre, il ne resta qu’une croix d’argent et l’anneau pastoral...

Tout s’est évanoui, aussi, de ce qui fut l’Aurillac de saint Géraud, de Gerbert, de la Roquetaillade, des consuls...