Mais la Jordanne et la Cère, bien reposées, sont impatientes de repartir, ensemble désormais, pour baigner Laroquebrou, dont l’église, dans sa vétusté, vaut que l’on se mette à la portière du chemin de fer; car, le train, de nouveau, va suivre le tracé de la rivière, s’engouffrer dans ces gorges épiques de la Cère où, du compartiment, l’on assiste à un déroulement de nature, d’eau, de roches, d’arbres aux chaotiques conflits, dans la solitude de ces défilés étranglés, où l’on ne se plaint plus de la lenteur du train, grâce à laquelle se prolonge l’adieu à la Cère et à la Jordanne, et se renouvellent les impressions de furieuse beauté du Pas de Compaing et du Pas de la Cère, de la reine des vallées...
Vallée de la Cère.—A Thiézac.
L’Allier à Alleyras.
CHAPITRE XII
Patois d’Auvergne.—Arsène Vermenouze; comment le capiscol fait ses vers.—Pierrou, l’enfant d’Ytrac.—Le Sabbat.—Les Rochers.—La fin du patois.
Le patois d’Auvergne (il faudrait dire les patois, avec tant de différences d’un village à l’autre), le patois d’Auvergne,—dialecte roman, dérivé du latin avec des éléments celtiques et germaniques,—n’était guère que parlé jusqu’à présent. Le patois vulgaire dédaigné pour le latin, le roman provençal, le français, n’offrait que peu de monuments écrits: encore cela ne pouvait-il constituer une littérature: des essais de vers, parfois, d’un abbé, d’un magistrat, d’un instituteur lettrés,—une honnête distraction, rien de plus,—quelques chants, quelques bourrées se perpétuant aux lèvres des pâtres, formaient tout le trésor de ce «latin du pauvre», comme caractérise le patois M. Lintilhac.