Mais quelle affaire tout d’un coup!

Le ministre qui arrive...

Le ministre qui, fini d’inaugurer les kilomètres de voie ferrée et l’exposition organisée pour la circonstance, honorait de son passage le festival des cabrettes!

—«Quelques mots de bienvenue, me pousse-t-on; il faut...»

Je m’exécute: «Nos cabrettaïres, monsieur le Ministre, nos cabrettaïres... Si vous saviez, monsieur le Ministre... Ces pauvres airs de chez nous, ce qu’ils nous rappellent!»

Et, comme je ne me rappelai plus très bien, en improvisant, ce qu’ils nous rappelaient, les airs de chez nous, je simplifiai: «Ce qu’ils nous rappellent? Retournez-vous, monsieur le Ministre, et regardez...»

Convaincu, de mon plus grand geste, j’indiquais, en face de nous, le puy de Courny, qui n’en pouvait mais! le puy de Courny, la montagne, l’Auvergne, quoi!

Oui, mais dans la brume les monts avaient fondu comme des pains de sucre. Et l’on ne pouvait guère discerner. Et monsieur le Ministre, au bord des marches, en se retournant, manquait dégringoler,—depuis il est tombé sans que j’y sois pour rien!

C’est à cet incident, vous en souvenez-vous, Vermenouze, que notre conversation débuta; sur un programme, je crois, que l’on remit au ministre, aux autorités, au comité, s’alignaient des vers auxquels j’allais ne prêter aucune attention, un à-propos, pensais-je; ils étaient en patois, je lus avec curiosité; et quelle surprise de tout ce talent, soudain! Je m’inquiétais, quel était ce Vermenouze; et c’était vous...