Toutefois, c’est grâce à ce désordre que le promeneur est surpris si singulièrement par tant de rencontres fortuites de la montagne toujours là, soudain, à des coudes de rues, à tant de circuits et de zigzags, le Puy de Dôme, dans sa robe changeante sans cesse, au long de la journée.
A Montferrand.—Le Chapitre.
Mais, peut-être, l’orientation défectueuse de Clermont, où l’absence de plan semble une gageure, en effet, devrait-elle être attribuée aussi à tant de dévastations dont la cité ne se relevait que pour être rejetée bas, redétruite aussitôt que reconstruite. En 408, Crocus la ruine, à la tête d’une troupe de Vandales. En 412, ce sont les capitaines d’Honorius. En 471, Evarix, roi des Goths. En 761, Pépin le Bref n’en laisse pas pierre sur pierre. En 853, les Normands; en 916, les Danois et les Normands. Voilà bien assez pour expliquer le manque de symétrie sans préméditations, dans une ville qui n’a pas achevé d’être robée, arse et courrue! Car, la paix n’est que précaire: Clermont pâtira encore des querelles des seigneurs et des évêques; puis des luttes de rivalité constante avec Montferrand, avec Riom...
Le pape Urbain II prêche la première Croisade à Clermont, et pousse là le cri de Deu lo wolt (Dieu le veult), auquel répond toute la chrétienté; nombre de conciles s’y succèdent.
Mais Clermont ne tarde pas à subir l’humiliation d’être quitté pour Montferrand, qu’achète Philippe le Bel, et qui devient la ville du roi.
Puis la guerre de Cent Ans, les Anglais, les Compagnons, les Routiers!
Et les deux rivales éprouvent assez de désastres chacune pour pouvoir souscrire, avec toute la province, à la phrase de Froissart: «Ceulx de Hovergnes ne sauroient aymer les Anglois.»
Ni l’une ni l’autre, ensuite, n’échappent aux fureurs de la Réforme et de la Ligue.