Montferrand pendant la nuit.
Mais, dorénavant, Clermont triomphe.
Contre Riom, Clermont obtient d’hospitaliser les Grands Jours.
Et c’est la suprématie définitive, lorsque Clermont englobe Montferrand, administrativement, en 1731, Montferrand qui avait été Montferrand-le-Fort:
Or, en ce temps de discordes civiles,
Où sans remparts, il n’était point de villes
Ni de rocher sans donjon, sans brigand,
Il fallait voir les murs de Montferrand!
Montferrand! qui pouvait s’enorgueillir non seulement du courage de ses hommes, combattants réputés, mais de la mâle valeur de ses femmes: «En 1793, tous les hommes de Montferrand, capables de porter les armes, étant partis pour le siège de Lyon, les femmes, afin de veiller à la sûreté de la ville, s’organisèrent en bataillons de la Garde nationale féminine, composée de quatre compagnies ayant chacune capitaine, officier, sous-officiers, caporaux et tambours. Elles étaient armées de piques, et le service fut fait avec une exactitude exemplaire. Il consistait en factions, tant la nuit que le jour, aux portes de la ville, pour arrêter les malfaiteurs, et le capitaine de garde visait même les passe-ports des voyageurs.»
Montferrand! qui avait pu être qualifiée ville de grands trésors et de pillage, riche de soi, et bien marchande où il y avoit de riches vilains à grand foison, n’est plus qu’un médiocre faubourg; splendeur en poussière, dont le passé ne s’atteste qu’à des reliefs de sculpture aux maisons, à l’église, à de maigres vestiges de pierre ou de bois du XVe siècle, la maison de l’Apothicaire, la maison de l’Éléphant; les riches vilains ne sont guère plus que les patrons de guinguettes où la garnison de Clermont s’attable les dimanches.