Les peurs! Des peurs, à chaque croix des chemins, des peurs autour de chaque moulin!
Brezons.
Oh! l’histoire de la borne, que déplace un paysan, clandestinement, empiétant sur le champ voisin, dont le maître est mort, et qui entend une voix lui crier: Planto la borno, planto la dritto, plante la borne, plante-la juste, une voix qui ne cesse que lorsque la pierre est remise en place.
Et le mort, enterré à un endroit où il ne veut pas, par de mauvais héritiers,—qui trouvent sa pierre défaite, tous les matins, jusqu’à ce qu’il soit inhumé aux lieux voulus!
Mais je n’ai point en mémoire que ces contes de la veillée effrayants, pendant que dehors la chouette ulule...
Tout cela s’évanouissait avec le jour, à chercher des nids, à barboter dans la rivière, monter aux cerisiers, aux noyers, à se barbouiller de prunelles, suivant la saison.
Et les chèvres, ces chèvres noires, diaboliques, que nous apprivoisions avec du sel.
Et la grosse jument, qu’à deux ou trois en croupe, l’on menait au pré, d’où on la ramenait.
Et le four, avec sa gueule rouge, le four d’où sortaient les tourtes sentant le cramé, les pompes cuites pour nous, dont nous étions si friands.