Chaudesaigues.—L’établissement thermal.

Des battues de cent paroisses s’organisent, l’évêque de Mende ordonne des prières, expose le Saint-Sacrement; la bête disparaît,—mais terrifie d’autres contrées,—pour, l’hiver suivant, fondre à nouveau sur Lorcières. D’autres victimes succombent à cette reprise du carnage. Il fallut que le lieutenant des chasses du roi fut envoyé avec des gardes-chasse, des limiers, des chiens courants; encore mit-il trois mois à tuer la bête phénoménale, qui était de l’espèce des loups, de taille démesurée, avec quarante dents au lieu de vingt-six; elle fut embaumée et expédiée à Paris...

Naturellement, elle avait fait beaucoup de petits, dans l’esprit des gens; et, longtemps, la Margeride fut censée contenir les plus abominables monstres...

Le déboisement en est venu à bout, mieux que les faulx et les fusils, et peut-être a-t-il suffi de la mort de quelques vieilles bonnes femmes pour ensevelir avec elles ces peurs de la Planèze, et le drac dont les enfants d’aujourd’hui souriront; tout en faisant l’availlant et sans croire au sabbat, elles me reviennent ces peurs, à chaque voyage...

Je ne puis m’empêcher de hâter le pas, lorsque, dans le soir, par là-bas, quelque chien «aboie au perdu...»

Descente de la Planèze sur Brezons.


Lac des Sauvages.