Si bous fatchias de lou chiëre,

Bous responden tout coulère:

Naütres n’en mantzens tout l’an

A Murat dessous Bredan.

(A Murat, quand on vous invite,—On met sur un petit plat—Un peu de chèvre pourrie,—Disant que c’est du bon mouton.—Si vous vous fâchez de leur chère,—Ils répondent tout furieux:—Nous en mangeons toute l’année—A Murat, dessous Bredons.)

Des environs de Murat est ce comte d’Auteroche, qui s’écriait à Fontenoy: «Après vous, Messieurs», ou «Messieurs les Anglais, tirez les premiers», et devant Maëstricht, qu’un capitaine disait imprenable: «Ce mot-là, Monsieur, n’est pas français.»

On ne se lasserait point d’arriver à Murat, ai-je écrit, devant Bredons et Bonnevie...; on ne se lasserait pas d’y arriver,—pour en repartir, ajouterai-je! C’est que Murat commande la route de Salers, à travers les montagnes, quarante à cinquante kilomètres par Dienne, aux pentes du Limon et au col du puy Mary,—où l’on ne manque point de remonter (un quart d’heure d’ascension) pour jouir de la vue de ces vallées, de ces eaux, de ces pâturages, de tant de sommets, de tout l’horizon; une route suspendue parmi les dolentes solitudes des forêts, des herbages, des crêtes, des rivières à leur source hésitante...

A Salers.

Forêt du Falgoux; océan de sapins et de hêtres, baignant de vagues de feuillage des promontoires de 1,500 ou 1,600 mètres, Roche-Taillade, Roc des Ombres, Roc du Merle... Après la forêt et les rocs, des kilomètres de forêt, la vallée de Saint-Paul, la Maronne, tout en bas, et la route va à travers les pacages, où se disséminent les burons jusque vers les cimes.