Allanche? «ou d’Albantia, à cause du blanc manteau de neige dont l’hiver couvre ses épaules pendant cinq mois de l’année, ou—d’après Piganiol—d’un os de la hanche de saint Jean-Baptiste qu’on y révère pieusement». Un pré était réservé dans la commune où, après les feux de joie du vingt-quatre juin, les habitants arrachaient les herbes de la Saint-Jean, remède infaillible en une foule de cas.

D’Allanche à Marcenat, «la route glisse sur un matelas de gazon», contre les monts Cézallier, qui relient les Cantal aux monts Dore. Marcenat fournit à l’émigration nombre de gagne-petit et de leveurs, marchands de toile des plus suspects qui exploitent également les industriels et les acheteurs. Aux temps du colportage, qui disparaît peu à peu, ces leveurs se chargeaient de marchandises à vendre dont ils se seraient fait scrupule de rendre rien aux fournisseurs. Agissant de la sorte avec ceux-ci, on devine qu’ils ne se gênaient guère non plus pour duper le client naïf; ils composent ou composaient une bande noire redoutable, qui vaut à Marcenat les suspicions les plus injurieuses. L’été, les leveurs y reviennent en villégiature, stupéfiant le paysan par leurs costumes de messieurs, leurs cigares, leurs chaînes de montre et de l’argent plein les poches: aussi les auberges sont-elles achalandées.

A mesure que l’on s’éloigne de Marcenat le pays se fait doux et riant et la montagne foisonne de forêts, les ravins se comblent de végétation, et, dans son bassin fortuné, Condat se cache, agréable retraite; entre Marcenat et Condat s’était établi le monastère de Féniers.

Le clocher de Marcenat.

De Condat l’on pénètre dans la forêt d’Algère, d’où l’on ne sort que vers Champs, après des heures dans les arbres, les cascades, à n’ouïr que la cognée du bûcheron, à ne rencontrer que quelque scierie, quelque hutte de sabotiers...

Condat-en-Feniers.

Aux limites de la Corrèze.—Bort.