CHAPITRE XVI

Femmes d’Auvergne; Madeleine de Saint-Nectaire; Mlle de Fontanges.—La jeune fille, la mère, l’aïeule.—Le mariage.—Le chanter et le danser: la bourrée.—La musette.—Marguerite de Valois: vingt ans d’Auvergne.—Châteaux de Carlat, d’Ybois et d’Usson.

Les femmes n’apparaissent guère dans l’histoire de l’Auvergne. Nulle dame «vraiment» illustre» n’est descendue des hautes citadelles où, à travers la tourmente féodale, les guerres anglaises et religieuses, les routiers, la Révolution, le qui-vive de tant de siècles, tant de vies se sont dérobées, muettes, derrière les remparts et les grilles, dans l’alarme et la prière.

Seules, Madeleine de Saint-Nectaire, Mlle de Fontanges...

Madeleine de Saint-Nectaire, jeune veuve huguenote, en qui ses coreligionnaires virent l’héroïne du siècle. Cette «nouvelle Clorinde», amazone habile à manier la lance, dompter les chevaux, ardente aux combats, assurait la victoire dans nombre de rencontres, par sa valeur personnelle, et l’exaltation des siens devant tant de vaillance! Madeleine de Saint-Nectaire qui croisa le fer avec le lieutenant du roi, Montal, et le tua: «Ventre-saint-gris, si je n’étais pas roi je voudrais être Madeleine de Saint-Nectaire»! se serait écrié Henri IV.

A Salers.

Mlle de Fontanges, aimée de Louis XIV, et trahie, morte à vingt ans, laissant son nom mélancolique à une coiffure...

Nulle figure distincte non plus ne se lève du peuple.