Mais la principale distraction est fournie par Jérémie—que l’on entend bien avant de le voir. Jérémie! Le casino d’Aubrac à lui tout seul! Jérémie, le tambour, un brave nain à tête longue, si petit que la fleur qu’il mâchonne, d’une bouche lui traversant toute la face, tombe presque sur sa caisse, et que la caisse traîne sur ses sabots; Jérémie, battant du tambour de l’aube à la nuit, à toutes réclamations des dames, à chaque petit verre des messieurs, et puis pour le plaisir aussi, bien sûr; Jérémie, qui ne marche qu’avec une caisse,—il en a une collection, offertes par souscription,—une caisse brillante et sonore, toute neuve; Jérémie, dont la tête n’apparaît jamais qu’encadrée dans le triangle vertigineux de ses baguettes!
Le petit-lait, l’air natal, du lard, des saucisses, des viandes farcies, des crêpes de blé noir, de la fourme et des cabecous, les aubades, les plans et les rataplans de Jérémie, les cartes et les quilles, cela suffit en semaine aux habitués d’Aubrac.
Le dimanche, la bourrée—la bourrée violente des Cantalès, des buronniers descendus dans les auberges vider des saladiers de vin chaud.
Les gasparous, aux jambes dégénérées, qui essayaient de se mêler aux montagniers, se retirent vite, font cercle, regardent virer, dans une formidable cadence, les grands et forts, blonds et blancs Cantalès—«les plus Celtes des Celtes»—dont quelques-uns ont posé des litres en équilibre sur leur tête et continuent, graves et rythmiques, de tourner et tourner, au grand émerveillement des spectateurs...
A Nasbinals.
Au Puy.
Les bords de la Borne.
L’église Saint-Michel sur le rocher d’Aiguilhe.