Dans le Velay.—Notre-Dame du Puy; les orgues d’Espaly; le château de Polignac; les oracles d’Apollon.—La population du massif central.—L’homme contemporain des volcans.—Saint-Julien de Brioude.—Les gorges de l’Allier.—La Chaise-Dieu.—Mœurs du Velay.—Notre-Dame de la Dentelle.

Ce ne sont que de hâtives et faibles notes, un regard rapide et bousculé, sur une région qui m’est restée trop longtemps étrangère, que j’aurais confondue certainement dans mon «amour du pays»—si je l’avais connue plus tôt...

Pourquoi faut-il que j’aie tergiversé de la sorte, et, jusqu’à ces dernières années, exclu de mes pérégrinations le Velay, que je ne soupçonnais pas être de l’Auvergne autant que cela,—puisque c’était le Velay, et ses habitants des Vellaves, et non des Arvernes.

Le Velay, comme l’Auvergne, dresse de ses origines ignées des témoins considérables avec le Meygal, le Mézenc, le cratère de Bar, et ces cônes, ces obélisques, ces phonolithes, ces blocs volcaniques, ces dykes étrangement debout dans le bassin du Puy, et ces murailles basaltiques, et ces empâtements énormes de déjections plutoniennes qui se sont amassées en assises farouches, en piédestaux grandioses pour ces châteaux, ces chapelles qui font corps avec, tellement que l’on ne sépare pas l’œuvre de l’homme de la création de la nature.

Le Puy.—Vue panoramique.

Magnifiques désordres, toujours nouveaux, comme la tempête, surprenant encore lorsque l’on revient du Cantal et du Puy-de-Dôme et que, obsédé de la vision la plus récente de ces cataclysmes du sol, on peut se croire blasé, se tenir convaincu que nulle part et jamais plus l’on n’assistera à rien de pareil ni d’égal.

Une fois de plus, l’imagination est brusquée, assaillie, bouleversée, comme roulée et tordue; pas d’horizons pour les yeux où se poser, se reprendre, à travers ce pêle-mêle d’aspects brisés, enchevêtrés, qui s’écroulent, se relèvent, se chevauchent, s’écrasent, s’enfoncent, s’élancent, bondissent, retombent, dans quel chaos!

Nous tâcherons de nous y débrouiller, comme d’un observatoire, du sommet du Rocher Corneille, sur le mont où s’étagent les gradins de la ville, où s’est établie la cathédrale, où s’est érigée à près de quarante mètres au-dessus de ses flèches, à cent trente mètres au-dessus de la ville basse, des places, boulevards et bâtiments modernes, la statue de la Vierge, Notre-Dame de France, provenant de la fonte de deux cents canons enlevés à Sébastopol.