Lac Chambon.

Des réservoirs lacustres épars sur les monts Dore, le lac de Guéry est le plus élevé, 1,200 à 1,300 mètres, près de la Roche-Sanadoire et de la Roche-Thuillière: non pas deux roches, mais deux monts, dont les prismes basaltiques, à l’altitude de 1,288 et 1,296 mètres, sont vis-à-vis «comme les montants ruinés d’un portique gigantesque» émergeant du ravin où s’encaisse le ruisseau de Rochefort: la Roche-Sanadoire où se dressait une forteresse dont les vestiges se sont écroulés avec la tête même de la Roche, comme décapités par les éboulements... Le lac de Guéry est peu profond, ce qui lui vaut de geler à peu près de novembre à mai, sur ce col des monts où, lorsque l’on se rend de Clermont-Ferrand au Mont-Dore, on peut l’explorer à loisir; car les voituriers n’omettent pas d’y faire halte: non que le besoin les harcèle de s’extasier à la cascade qui y descend du Puy-Gros et de la Banne-d’Ordenche,—mais à cause de la cantine installée là...

Lac de Montcineyre.

Entre ces lacs par aventure, le Chambon, nappe prisonnière, comme le lac d’Aydat, est le plus notoire; occasionné par une barre de lave du Tartaret (volcan dont les déjections scoriacées parsèment l’étendue au loin, et dont les éboulements énormes ont endigué la Couze). Celle-ci ne s’est point résignée, d’ailleurs, partie pour courir le monde, à cette stagnation subite: elle saute par-dessus sa barrière, s’évade, et comme, d’autre part, les éboulements continuent de se produire, le lac est fort menacé en tant que lac; ce n’en est plus un, pour les vieillards qui le connurent plus considérable; les jeunes peuvent croire que les anciens radotent, comme les marins d’une autre époque qui affirment aux novices en partance que la mer n’est plus si salée, ni sauvage que de leur temps; les riverains du Chambon ont raison, leur lac se rétrécit et se comble, et le siècle viendra où il sera effacé, desséché,—lac honoraire!

Lac de Bourdouze.

Les lacs d’Auvergne, en outre de ceux-ci, et de quelques-uns comme l’Issarlès, dans le Velay, le Saint-Front dans le Mézenc, le lac des Sailhens en Aubrac, ce sont encore le lac d’Anglard, le lac Chauvet, ceux de la Godivelle, d’Église-Neuve-d’Entraigues, les Esclauzes, la Landie, la Crégut; et le lac de Montcineyre (mons cineris) aux pieds du volcan dont il a pris le nom, et, dans les flancs du puy de Montchalm, le lac Pavin,—qui communiqueraient entre eux par le Creux du Soucy, abîme intermédiaire, sur lequel on n’a point de renseignements certains encore: mais les lacs d’Auvergne, c’est surtout le lac Pavin!

Le lac Pavin, type du cratère d’explosion: «c’est la partie supérieure d’un cratère qui saute sous l’effort des gaz souterrains, comme le bouchon d’une bouteille de champagne».