Les brouillards du puy Mary.

Oh! il fallait bien que je vous aimasse pour aller jusqu’à tourner les pages des livres, brochures, thèses géologiques où s’inscrivent les hypothèses, les systèmes, les découvertes de vos origines,—où je comprenais si peu, si mal, l’esprit récalcitrant à ces études, jusqu’au jour où le père Rames, un savant qui était un poète, m’initia à la genèse des volcans et des glaciers, dans la nuit des temps... Ah! lui possédait le Sésame, ouvre-toi, des rocs les plus fermés...

Il vous ouvrait le globe terrestre comme on partage un fruit.

En moins de temps qu’il ne lui en fallait, à ce pharmacien comme Aurillac n’est pas prêt d’en compter d’autres de si tôt, en moins de temps qu’il ne lui en fallait pour préparer un flacon d’huile de ricin ou un cachet d’antipyrine, ce prestidigitateur de la matière vous avait entraîné, dans les entrailles de la montagne... et, pour le reste de l’existence, on avait, devant les yeux, toutes les phases fantastiques du feu et de l’eau,—comme si l’on y avait assisté!

Mais ce n’est point avec M. Rames, seulement, que j’allais m’entretenir de vous.

Est-ce que je ne relançais pas, au Muséum, l’élève de Rames, le distingué professeur, M. Boule, de science accrue chaque jour, qui me mettait au courant des derniers problèmes vous concernant, et des solutions proposées...

Car rien de vous ne m’était indifférent...

Oui, je vous ai aimés jusque-là, jusqu’à forcer ma mémoire pénible à emmagasiner tout cela, qui s’y morfondait vite, d’ailleurs, dont il ne me reste mie...

Le Plomb du Cantal, le Puy Mary!

Et, cependant, c’est la brouille entre nous.