A mes récents voyages, je n’ai pu atteindre ni à l’un ni à l’autre, tout de suite refrognés et grondants, dès que je me hasardais...

Seraient-ils jaloux l’un de l’autre, celui-ci de mes sentiments pour celui-là, et réciproquement?

Pourtant, ils n’ont rien à s’envier, chacun régnant sur son territoire propre, maîtres incontestés, redoutables seigneurs aux vassaux incorruptibles, humblement rangés sans velléité de s’affranchir?... Est-ce pour quelques pouces d’altitude qu’ils se détesteraient, l’un 1,858 mètres, l’autre 1,787 mètres? Est-ce là ce qui ferait des frères ennemis, de ces jumeaux soudés par le Lioran, des rivaux soupçonneux envers qui divise entre eux ses hommages, ses louanges et ses sentiments? Ce serait là de bien futiles motifs, de bien piètres raisons pour ébranler la sérénité de pareils colosses; mais les grands sont si sensibles aux petites choses!

Enfin, agissons ici comme avec les hommes.

Faisons de notre mieux, disons vrai,—et tant pis pour le Puy Mary, s’il nous garde rancune de constater que le Plomb du Cantal est à soixante-douze mètres de plus que lui au-dessus du niveau de la mer.

Et tant pis pour le Plomb du Cantal s’il nous boude de ce que nous constatons, avec tous les géographes, que le Puy Mary préside à plus de vallées.

Le puy Griou.

Ne peut-on trancher le conflit, accorder les adversaires, en égalisant les mérites, par cote mal taillée, comme on règle les comptes litigieux, en déclarant que si l’un est de chef plus altier, l’autre est de flancs et de galbe moins lourds...

Celui-ci, le Puy Mary, d’Aurillac, apparaît officier dans le ciel, avec ses deux pointes en mitre d’évêque, a-t-on comparé, ou se cabrer comme un taureau dont les cornes aiguës fouillent les nuages; il se termine en croissant, en arc. Par Mandailles, par Fontanges et le Bois Noir; par Murat, par le Lioran, on fait l’ascension en quelques heures. En vingt minutes, par la route de Murat à Salers, qui contourne le sommet.