Le Plomb du Cantal et la vallée de Brezons.
Le Plomb et le Puy, qu’ils ne se chamaillent pas: ils sont égaux pour leurs sujets, dont ils n’ont à redouter aucune trahison! Ce qu’elle exige, la montagne, de l’endurance de ses enfants, ne leur est payé en retour que de la vie la plus précaire: cependant, émigrants, les voilà en proie au mal du pays, le cœur chaviré et les bras cassés au regret du sol revêche..., où le pain est noir, où ne grimpe pas la vigne, où le soleil brûle, le jour, où le vent souffle glacé, les soirs, mais où fume le toit de l’oustau des parents ou du maître. L’oustau, la maison de guingois, aux auvents à demi écroulés, avec l’hort derrière, et, devant, le couder...; avec ses fumiers contre l’étable et la soue aux porcs, ses broussailles et fagots, le bois de brûle pour l’hiver, le tronc creusé où arrive l’eau de l’abreuvoir... A l’intérieur, l’âtre avec sa crémaillère à anneaux, ses landiers de fer, son tuile pour les bouriols, le coffre à sel, la chaise du couârrou, l’armoire et l’horloge enfumées: dans la souillarde, brillent des cuivres, les ferrats et la fontaine! L’oustau, avec ses lits à quenouille à couverture en cotonnade à flamme, et rideaux de razille verte! L’oustau, bien vieux, bien disloqué, tout en bringues, mais l’oustau! Or, mieux que les villes joyeuses et dorées, ils aiment leurs plateaux faméliques des plombs et des puys; mieux que tout, ils aiment le Plomb et le Puy, dépenaillés, comme deux pauvres, sous le ciel, avec leur roupe de gazon et de poils-de-bouc élimée, trouée par endroits, montrant la chair—le roc à nu—comme la peau par les trous des guenilles...
A la foire de Riom-ès-Montagne.
Aurillac.—Les rives de la Jordanne vues du pont Rouge.
CHAPITRE XI
La Cère et la Jordanne.—Le Pas de Compaing; le Pas de la Cère.—Vic-sur-Cère.—Jean de la Roquetaillade.—Les orpailleurs.—Aurillac; Gerbert; M. Rames.—Les gorges de la Cère.