C’était vendredi, maigre, — à quoi je n’avais guère songé… Cela devenait grave, et j’essayai de parlementer…
En voyage, il est permis…
— Il n’y a pas de voyage qui tienne… On ne mange pas ici à toutes les heures du jour et de la nuit…
Il était huit heures !
— Vous aurez ce qui reste, clama une troisième voix…
Je vis glisser, à son tour, dans le fond de la cheminée, une troisième vieille, que je n’avais point aperçue encore, rencoignée dans le noir…
Je m’affalai sur un banc et j’attendis, laissant agir mon voiturier… Nous pûmes obtenir deux pommes de terre, une tête de truite et quelques pattes d’écrevisse…
Je manquai mourir de faim…
Mais, ô braves vieilles femmes de mon pays, tout de même je vous fus reconnaissant d’être ainsi comme de l’époque, vous aussi, de ne m’avoir pas gâté cette vive impression de Salers par le décor d’une de ces hôtelleries aux servantes accortes et au garde-manger toujours prêt — et de mettre votre foi catholique au-dessus des soucis de votre profession…
D’autant plus, chères vieilles Auvergnates, que vous savez admirablement combiner les exigences que nécessitent le soin de votre salut et les affaires…