L’Écir.

— C’est bien désagrable !


Ces seuls mots entr’ouvrirent mes lèvres.

Je fus incapable d’une oraison funèbre plus étendue.

D’ailleurs, j’ai la conviction que l’ombre du brave Jantet n’exigerait pas davantage.

Certainement aussi, à la minute de succomber, d’y rester, selon son expression, le rude Auvergnat, dont un journal du Cantal m’apprenait la fin, n’avait pas dû jeter d’autre plainte, lui qui, à travers les épreuves de la vie, n’avait jamais rien lancé de plus amer que ces paroles :

— C’est bien désagrable ! comme il prononçait.

A la lecture de ce fait-divers, qui eût dû évoquer à mes yeux le terrible paysage de décembre, la tempête glacée, les trombes de neige furieuses, l’écir, comme on dit en patois, ce sont des souvenirs de printemps qui se lèvent de ma mémoire, d’une de ces inoubliables journées qui laissent au cœur et à la tête la nostalgie des grands horizons, du soleil clair, de l’air léger !

Oh ! que le temps passe, parfois, si rapide, oui, « c’est bien désagrable ! »