Ensuite, d’autres sociétés s’installent ; la pièce est pleine ; de nouveaux groupes arrivent encore, en blouses neuves, en robes de dimanche. Sans doute, quelque foire aux environs ? Mais non. Tout m’est expliqué, bientôt, par la conversation qui s’établit, à l’entrée d’un couple, d’un homme et d’une femme qui portent un enfant dans un berceau, une simple caisse de bois grossière :

— Un mignard qu’ils viennent de faire pétasser (un enfant qu’ils viennent de faire rapetasser, raccommoder), répond la servante à l’un de mes voisins, qui l’interroge sur les arrivants.

— C’est que tout le monde y court, à ce Pierrounet !

— Ça en fait du mouvement nuit et jour.

— Ah ! si Nasbinals n’avait pas « son rhabilleur » !

— Il fait vraiment du bien au pays.

— Et il n’y a pas à dire que ce soit un charlatan, il en guérit et il en guérit… que les plus malins y avaient renoncé !

(Vous devinez qu’il s’agit d’un rebouteur, qu’ils appellent rhabilleur.)

Je crois un moment que le médecin va protester ; voici qu’il renchérit sur tous :

— Oui… oui… ce Pierrounet… Merveilleux…, absolument merveilleux… les résultats qu’il obtient.