C’est la Grande, la chanson du montagnard — pas de paroles, à quoi bon ! rien qu’un air… mais auquel s’adapte l’âme même de la Montagne.
Lo, lo, lo, lo, lo, lo, lo, lo, léro, lo !
Voilà tout.
Un bout de refrain rauque, une roulade fruste, quelques pauvres notes de rien, une vocalise rustique, trois ou quatre sons, un lambeau de phrase, mais profonde et qui en dit long, cette bribe de phrase, toujours la même, et pourtant si diverse, mélancolique, âpre ou sauvage, selon le lieu, triste, rude ou farouche, selon le chanteur, et selon les étapes de l’heure, teintée d’aube, colorée de midi, ou cendrée de crépuscule…
Lo, lo, lo, lo, lo, lo, lo, lo, léro, lo !
Écoutez :
Après le froid, le noir, la torpeur d’un hiver de six mois, le printemps éclate.