Elle insista:
—J’attends quelqu’un.
Louisa, qui ne perdait rien de la conversation sans en avoir l’air, tourna vivement la tête vers la route. Pouley, planté devant la porte de la cuisine, ne faisait pas mine de bouger. Paule répéta:
—Demain, si vous voulez.
Dans le jardin, comme elle contournait la maison, elle entendit le bruit de ses gros souliers. Toujours bonhomme, il la rattrapa, regarda à droite et à gauche, et, satisfait de la tenir enfin à l’écart:
—Crochard, il y a deux jours, est venu me trouver le soir.
Il parlait d’une voix presque basse, l’air mystérieux:
—Pouley, qu’il me dit, je te préviens que tu n’as pas à compter l’année prochaine sur les prairies. «—Qu’est-ce que tu en sais? que je lui dis.—Parce que c’est moi qui les ai louées, l’affaire est faite.» Au premier mot, je ne l’ai pas cru, parce que je sais comme il se vante. Mais pour pouvoir mieux lui répondre, je suis venu voir. Ce n’est pas que la chose vaille le dérangement. Avec un homme comme moi, qui vous ai rentré tous vos foins, vous ne penseriez pas...
—Si ce n’est que cela, trancha Paule, vous pouvez être bien tranquille, nous n’en avons pas seulement parlé. Allons, au revoir, monsieur Pouley.
Mais il l’arrêta au coin de la maison, lui barrant la route: