—Alors, je pourrai lui dire que je les aurai l’année prochaine, et puis les autres. Un bail de dix ans, c’est ce que je voulais vous proposer.

Elle essayait de se dégager:

—Je vous ai dit que je suis pressée.

L’homme continuait de suivre son idée. Dans sa figure patiente, ses yeux clignotaient. Son menton, sur le col de sa blouse bleue, ressortait carré. Rien n’empêchait «Mademoiselle» de se prononcer.

Il soupira:

—Autrement, on parle, on dispute, on ne sait plus lequel écouter...

Sur ces derniers mots, elle le vit qui s’écartait respectueusement. Un chien aboya.

Seguey arrivait.

Depuis la veille, l’esprit de Paule s’était fatigué à imaginer ce moment. Cependant, à le voir paraître, elle éprouva un saisissement et son cœur battit. Le reste du monde s’effaça pour elle: les regards de Louisa, postée sur la porte de la cuisine, l’air de complicité de Pouley qui se retirait discrètement, tant d’autres curiosités cachées, tout lui échappa. Il n’y avait plus qu’elle et lui dans son vieux domaine et une solitude profonde les enveloppait.

Elle lui offrit d’entrer dans la maison, mais il refusa: