—Que vous faut-il? Que demandez-vous?
Seguey se recueillit deux ou trois secondes:
—Des avantages immédiats, c’est beaucoup pour moi. Mais je suis obligé de regarder plus loin. Vous-même m’avez rappelé tout à l’heure le nom que je porte. Si l’un des miens avait accepté la situation que vous m’offrez, ce n’eût été que pour quelque temps, avec la promesse d’un autre avenir.
M. Lafaurie redressa ses larges épaules. On eût dit que sa personnalité allait se dilater et occuper la maison entière. L’association... Ce garçon, qu’il aurait cru désintéressé, de but en blanc, osait exprimer cette prétention inadmissible. Qu’était-il au juste? Un rêveur ou un ambitieux extrêmement pratique, osant jouer le tout pour le tout?
L’expression de bienveillance s’était glacée sur son beau visage. Un second masque se dessina. Seguey eut l’impression qu’il se trouvait en face d’un grand féodal.
M. Lafaurie affectait de ne pas comprendre:
—Il n’est pas question de cela. Vous connaissez les sentiments que je vous porte. Là-bas, représentant la Maison, vous aurez toute autorité.
Les traits de Seguey aussi se rétrécirent et se ramassèrent. Sous la courte moustache brune, les coins de sa bouche s’étaient creusés. Lui-même avait la révélation de sa volonté longtemps dormante, brusquement heurtée qui serait, dans la lutte, malléable mais résistante.
Il regarda discrètement M. Lafaurie:
—Je ne doute pas de vos sentiments.